À l’heure où l’écologie est l’un des piliers de la bien-pensance mondiale, il était courageux (voire totalement inconscient) de ressusciter une intrigue basée sur la course à l’or noir. Icône des années 80, Dallas représente absolument tout ce qui est incompatible avec notre époque: valeurs, pétrole, brushing et putasserie, le tout enrobé de signes extérieurs de richesse. Pour la série anti-austérité par excellence, le défi était donc de s’adapter à son époque sans trahir son essence, car depuis les années fric, la vie a bien changé à Dallas. La mondialisation est passé par là, le show off est allé voir ailleurs, mais la famille demeure. Alors, pari réussi? Rapide analyse comparative des deux générations texanes.
Le générique
Avant : Alors que le générique américain est un disco-cheap sans paroles, on a eu la chance d’avoir une « Marseillaise » écrite par Michel Salva et Jean Renard : le fameux « Dallas, ton univers impitoyable. » accompagné d’un défilé d’images de la ville et la distribution des acteurs dans l’ordre alphabétique (un concept aussi inexplicable que la couleur jaune cocu sélectionnée pour le logo Dallas).
Après : Une musique qui rappelle celle du générique original avec des trompettes. Le logo, un chouia actualisé, apparaît toujours sur des images de buldings et de chevaux galopants. Seules les acteurs manquent au rendez-vous. L’effet de surprise sans doute.
Les affaires
Avant : Le pétrole est l’un des thèmes principaux de la série. L’entreprise familiale « Ewing Oil », passée de père en fils fait l’objet de toutes les convoitises et ce, tout au long du soap phare des années 80.
Après : Si la compagnie pétrolière est toujours présente, c’est l ‘écologie qui pointe le bout de son nez. En effet, Christopher Ewing (le fils adoptif de Bobby), gentil donc écolo, souhaite trouver une énergie alternative.
Les personnages
Avant : Les principaux protagonistes de Dallas ancienne génération ont chacun une personnalité bien définie : J.R est manipulateur et avide d’argent contrairement à son frère, généreux et très attaché à la famille. Quant à Sue Ellen, la femme de J.R, elle est alcoolique car délaissée par son mari qui la trompe.
Après : Septuagénaires, les personnages ont bien vieilli et leur santé s’est aggravée puisque Bobby est mourant et J.R en dépression tandis que Sue Ellen, celle sur qui on n’aurait pas parié un sou, devient une femme forte et ambitieuse. Le nouveau Dallas fait également de la récup’ au niveau des acteurs puisqu’on peut y voir, hormis des acteurs de Dallas, des rescapés de Desperate Housewives.
La rivalité
Avant : Rivalité fraternelle entre J.R et Bobby depuis que leur père leur a filé l’entreprise pétrolière et l’élevage bovin. Autre que l’héritage familial, c’est leur caractère qui les différencie : J.R est un homme froid, détestable et prêt à tout pour avoir ce qu’il veut tandis que Bobby est altruiste, naïf et idéaliste.
Après : Les scénaristes ne se sont pas foulés pour la suite de la série puisque ce sont désormais les fils respectifs de J.R et Bobby qui vont se déchirer au fil des épisodes, reprenant chacun les caractères propres de leurs prédécesseurs. Tels pères, tels fils.
L’amour
Avant : Si vraiment amour il y a puisque J.R n’hésite pas à tromper ouvertement sa femme Sue Ellen qui tombera dans les bras de Cliff, l’ennemi juré de son mari mais aussi frère de la copine de Bobby, frère de J.R. Compliqué ? Pas du tout.
Après : Dès le premier épisode, on comprend que la copine de John Ross (fils de J.R) est en réalité l’ex de son rival Christopher (fils de Bobby) qui l’aime encore. Une suite remplie tout comme l’ancienne génération de manigances et rebondissements et amoureux.
Les costumes
Avant : Kitsch au possible notamment pour les actrices, un mélange entre Dynastie et Une Nounou d’Enfer avec des épaulettes et les fameux brushings d’antan. Les acteurs avaient eux, le droit à un look de riche-cow-boy-marié (entendez chapeaux de cow boy, costumes 3 pièces et billets de 100).
Après : La série a changé et la mode aussi. Signe extérieur de richesse, la mode qui était clinquante dans les années 80 et donc dans Dallas est devenue plus austère et casual chez la nouvelle génération avec des chemises modernes et des robes plus classiques. Pour le plaisir de nos yeux.
Le « cliffhanger »
*accroche finale jusqu’à l’épisode suivant
Avant : L’épisode mythique de la saison 11 « Qui a tué J.R ? » s’achevait sur le premier et le plus haletant cliffhanger de l’histoire de la télévision, laissant le téléspectateur sur sa faim pour ainsi créer un immense suspense jusqu’au prochain épisode. Un procédé propre à Dallas qui est devenu une pratique commune dans toute série qui se respecte.
Après : Après avoir regardé (et surtout décortiqué) le premier épisode, on remarque que la recette est toujours la même malgré la turpitude de l’intrigue. La fin est tout de même précipitée puisqu’une femme dont on ne connaît pas l’identité a d’abord été vue aux côtés de Bobby et on apprend plus tard qu’elle travaille pour le méchant J.R mais son fils John qui est encore plus vicieux conclut avec elle un marché secret au beau milieu d’un stade (ce qui n’a absolument aucun sens d’ailleurs).




























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