On se souvient encore de la diarrhée verbale façon Jean Claude Van Damme qui avait animé Kanye West un soir de janvier 2012. Cette nuit-là, il avait notamment annoncé travailler à la formation d’une communauté d’esprits créatifs et d’élites intellectuelles qui, une fois, réunis, donneraient naissance à un monde meilleur.

C’est finalement Pharrell qui s’attelle à ce projet et le fait savoir au petit peuple avec une vidéo présentant I Am Other, une initiative aussi ambitieuse que vouée à l’échec:

Dans ce pastiche du Pépito Bleu de Tellier auquel on aurait amputé l’humour, on découvre un Pharrell, looké comme un vendeur de merguez du marché de Sarcelles, l’air très inspiré par une bande-son qui ressemble fort à un fond de tiroir du N.E.R.D des années 2000.

Cristallisant la frustration d’une génération biberonnée aux contes de fées estampillés Silicon Valley, I Am Other se présente comme « un mouvement culturel dédié aux penseurs, aux innovateurs et aux marginaux, en bref, aux AUTRES. Notre projet prévoit la poursuite de l’individualité, de l’inattendu, et l’arrivée d’une nouvelle catégorie de visionnaires ». Pour schématiser, ce concept pompeux est un mélange un peu périmé de rêve américain, d’auto-congratulation et de racolage lourdingue qui ne manquera pas de faire mouche auprès des wannabe Steve Jobs.

Reste à savoir si vous vous sentez de remettre votre sens critique culturel entre les mains d’un type tellement visionnaire et affamé de culture que sa réussite la plus remarquable de ces 5 dernières années est d’avoir pu collectionner autant de Bearbricks sans jamais friser l’overdose.

Le mois prochain, Pharrell Williams réinventera la roue.

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