| La platine médiatique rejoue ses titres pour les derniers éveillés, hypnotisés par le beat répétitif qui se joue depuis des mois. Nous on s’est couché. Trop saouls, pas envie d’avoir la gueule de bois demain. On ne parlera pas ici de la qualité du son, ce n’est pas notre taff… Ok c’était une soirée de merde.
Ce qui nous intéresse c’est la pochette, le visuel du discours encollé sur les murs. À l’heure du tout-web, l’affiche électorale ne fait plus rêver personne. Et pour cause, son niveau créatif ne dépasse pas celui des (pires) pochettes de Sardou et Garou. Le regard vers l’horizon pour beaucoup, pensif, limite carrément coquin pour Joly qui se cherche quelque part entre Christine Haas et Brigitte Lahaie. Slogan naze sur fond de campagne tranquille et d’horizon clair. Il est où notre Chirac playboy? En mode beau gosse, voulant pécho toutes les ménagères, gendre parfait aux valeurs de super héros ( empruntant pour l’occasion la cape de Superman) (ou de Super Menteur) et de papa glacier. Et Capitaine Igloo, qui en prend plein la tête dans la tempête? Ils sont où? Non rien de mieux, toujours le même visage sur fond de mer ou de clocher. Toujours des vieux symboles de propagande. Seul Pompidou avait carrément tenté la vision psyché sous LSD digne d’un album de Jefferson Airplane. On n’en demandait pas tant mais en 2012, un minimum d’euphorie serait pas mal. Et si les candidats ne bousculent pas eux-mêmes leur image, pourquoi n’en est-il rien des artistes non plus? Il faut croire que l’engouement n’est pas là, que les prétendants ne sont pas bandants… Dans la capitale, on aperçoit depuis quelques semaines des affiches d’un Mélenchon peint, reprenant l’image de sa campagne. Si vous l’avez remarqué, il s’agit de Joël Auxenfans qui propose via son site de répondre à un sondage sur la qualité de sa peinture. L’artiste «amène le spectateur à se placer simultanément sur le plan de la critique d’art et sur celui de la politique». En gros, l’artiste est un homme politique dont le discours est sur sa toile. Il cherche à savoir si vous êtes convaincus par son travail… nous pas vraiment. A défaut de ne pas avoir de Shepard Fairey français, qui souvenez-vous immortalisait Obama en 2007, on se contentera de sourire des petits rigolos qui sabotent au marqueur les candidats. |
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