À l’occasion de sa promo française, Marc Arlin a rencontré Michael Fassbender pour Spray. Morceaux choisis.

Le personnage de Brandon nous est présenté de façon très brute, sans caractérisation ni information précises sur sa vie. Lui avez-vous créé un passé de façon à mieux l’interpréter ?

Oui, c’est une démarche que j’ai pour chaque personnage que je joue. Je lui écris une fausse autobiographie, cela me donne confiance pour me lancer dans le rôle. Je me demande : « Quel genre de mec était-il à l’école ? Avait-il des amis ou était-il solitaire ? Que faisaient ses parents ? » Sur ce film, nous en avons beaucoup discuté avec Carey Mulligan, qui interprète ma sœur, et le réalisateur. Je voulais que le personnage puisse être aimé, bien que ce ne soit pas un type vraiment sympathique.

Avez-vous rencontré des hommes atteints d’addiction sexuelle pour préparer le rôle ?

Oui mais aucune star de cinéma (rires) ! J’en ai rencontré un en particulier qui m’a donné quelques clés pour comprendre la motivation mais aussi le désarroi derrière cette addiction. Cela m’a beaucoup aidé pour transmettre la fragilité psychologique de Brandon et ses problèmes avec l’intimité. Les hommes atteints de ce trouble ont souvent l’habitude de contrôler leur environnement, la sexualité n’étant qu’une manière supplémentaire d’imposer leur volonté à autrui.

Au début, Brandon ressemble presque à un serial killer sous ses airs de cadre bien sous tous rapports. On pense à Patrick Bateman dans American Psycho ou la série Dexter…


Oui, il a les apparences d’une vie très rangée, avec son appartement nickel. Mais cela aurait été trop facile d’en faire un criminel en puissance. Même si son addiction le rend inquiétant, je voulais qu’on ressente aussi sa fragilité. Je voulais qu’il soit en apparence un type comme les autres, quelqu’un qui se fond dans la masse. Shame est aussi un film sur notre civilisation où tout est disponible, où le désir est un acte consumériste de plus. New York est la ville parfaite pour illustrer cette abondance qui cache la solitude des êtres. Brandon porte un masque social alors qu’à l’intérieur, il est en train de craquer. C’est un personnage qui, au fond, se déteste et fait tout pour se détruire même s’il donne une impression de réussite et de confort.

Retrouvez la suite de l’interview dans le Spray #2.17, en kiosques en ce moment.

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