RuPaul entouré de Nirvana, VMA 1993
Ceux qui ont fait leur crise d’adolescence en l’écoutant à fond dans leur chambre vont prendre un gros coup de vieux. Demain, Nevermind, la pierre angulaire du grunge (le dernier mouvement d’envergure à avoir secoué le rock sans donner dans la nostalgie), aura 20 ans. Si l’album qui a popularisé la formule désormais ultra classique couplet/tendu refrain explosif continue de fasciner, c’est parce que’il a mis sous le feu des projecteurs l’anti-rockstar absolue. Ravagé par le divorce de ses parents, bastonné au lycée parce qu’il était soi-disant gay, Kurt Cobain n’était pas programmé pour le succès. C’est justement ce qui va transformer cet échantillon d’une Amérique white trash en messie de la génération X, ambassadeur d’une jeunesse qui préfère se camer plutôt que de sortir avec la reine du lycée.

Kurt Cobain et William Burroughs
Quand Nirvana signe avec la major Geffen, ce n’est encore qu’un groupe punk prometteur, ce qui convient parfaitement à Cobain. Il aurait préféré éviter l’adhésion du public mainstream et ne comprenait pas que les masses se retrouvent dans ses chansons torturées et hirsutes. Malheureusement pour lui, Nevermind blackboulera des charts le Dangerous de « Bambi » Jackson et transformera le blondinet mal dans sa peau en icône pour MTV et héros « gusvansantien ». Lui aurait forcément désaprouvé la réédition en grande pompe dont bénéficie Nevermind, le déclencheur d’une reconnaissance qui lui sera fatale. Il avait d’ailleurs eu une intuition des plus justes en imaginant, pour la cover, un bébé nageant après un dollar…
Texte – Vincent Brunner
L’album Nevermind – 20th anniversary – Deluxe edition est en pré-commande ici.

























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