Depuis toujours, les magazines partent de l’idée qu’une maquette doit guider le lecteur: pour David Carson, l’audience et ses attentes ont changé. Il intègre la typo aux compositions, maltraite les photos, brise les règles établies, à tel points que certains numéros auxquels il collabore seront à lalimite de lisibilité.

À la fin des années 90, il passera de l’autre côté et, en parallèle de travaux pour le NY Times et Newsweek, montera David Carson Design, une agence créative qui servira la communication d’un paquet de marques allant de Pepsi à Armani en passant par l’identité visuelle de Nine Inch Nails, ce qui lui vaudra plus de 170 récompenses et une place de choix parmi les influenceurs des conférences TED.

Après quelques collaborations plus récentes avec une poignée de magazines (notamment le magnifique dernier numéro de Little White Lies), David Carson revient dans la presse en ce début d’année avec un nouveau bimensuel titrée C A R S O N (en toute simplicité), et dont le premier numéro devrait paraître d’ici quelques semaines.

L’occasion pour nous de revenir sur les 4 magazines qui ont fait David Carson (et inversement):

Transworld Skateboarding (1984-1988)

Créé en réaction à l’image « malsaine » véhiculée par Thrasher, Transworld explose dès ses premiers numéros, au début des années 80. Rédigées par les skateurs et largement financées par la pub, les 200 pages couleur de chaque numéro deviennent le terrain des premières expérimentations de Carson, galvanisé par un lectorat jeune et enthousiaste.

La couverture mythique (juin 1987)

Beach Culture (1989-1991)

Porté par un titre en forme d’oxymore, Beach Culture sera considéré par certains comme le magazine le plus innovant de tous les temps. Et pourtant, il revient de loin: sans Carson, il se serait appelé Surfer Style, et aurait été un dérivé annuel de Surfer Magazine permettant à celui-ci de placer les annonceurs textiles de façon massive. Mais lorsque le graphiste endosse le rôle de directeur artistique, il convainc son éditeur de changer son titre, son contenu et sa fréquence de parution. Trop avant gardiste, Beach Culture s’arrêtera au bout de 3 ans (et 6 numéros), mais influencera considérablement les titres à venir.

La couverture mythique (octobre/novembre 1990)

Surfer Magazine (1991-1992)

Alors que Beach Culture capote, son éditeur recycle Carson en lui confiant la refonte de son plus gros titre: Surfer Magazine. En emmenant le magazine ultra mainstream sur la voie de l’innovation, c’est toute la presse de surf culture qui va transformer son approche. Reste à savoir si cette influence s’explique par une grande ouverture d’esprit du secteur ou par la légitimité de l’artiste qui joui de son statut de légende du surf pro.

La couverture mythique (octobre 1991)

Ray Gun (1992-2000)

Après avoir lancé Creem, Marvin Scott Jarrett (à qui l’on doit Nylon) est obsédé par l’idée de créer le magazine alternatif qui marquera la mode et la musique des 90′s. En recrutant l’ex équipe de Beach Culture, Carson (co fondateur du titre) va ouvrir la voie à une nouvelle génération de photographes et d’illustrateurs. La direction artistique cesse de servir l’information, pour devenir un contenu à part entière.

La couverture mythique (septembre 1994)

(plus de belles images dans la Galerie)

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